Hairy CooJe suis poilue aux entournures et j’hésite devant les épilateurs électriques. Le moins cher ? Le rose ? J’aime bien, moi, le rose. Supplément batterie ? C’est pratique quand on voyage, une batterie. Pour des mollets lisses, luisants d’huile solaire, pour des aisselles fraîches et un tout petit petit bikini. Pourtant, allez savoir pourquoi, ma conscience féministe me titille. Aïe. Ça fait presque aussi mal qu’une bande de cire froide pour le maillot. En m’épilant, deviens-je la récipiente passive d’une sexualité domestiquée, socialisée, normalisée? D’un autre côté, puis-je supporter qu’une caresse sur ma jambe fasse scritch scritch ? Dans la balance: esthétisme (et contrôle social) contre ras-le-bol (égalitaire). Terrible dilemme. Couper des choses qui dépassent, cacher le féminin, l’exciser, oui, ça se pratique. Féministe, je suis, pas de doute. Mais ma relation avec les poils est-elle aussi limpide? Oh, et après tout: la barbe, je laisse pousser !

Sabine Panet

Image : CC Flickr ifijay

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