Présentation du Comité Vigipub de Vie Féminine Bruxelles, groupe de vigilance et d’action sur la publicité sexiste.

Tout a commencé en mars 2007, lorsque plusieurs femmes de Vie Féminine Bruxelles forment un groupe en vue de dénoncer le sexisme dans la publicité, à la suite d’un colloque organisé sur ce thème par le mouvement. Au fil du temps, le groupe se modifie, accueillant de nouvelles militantes, se séparant de certaines, et se trouve un nom: le Comité Vigipub. Nous sommes fières de compter parmi nous Josée Gosselin, l’une des aînées et fondatrices du groupe.

Pourquoi militer contre le sexisme dans la publicité?

Parce que nous refusons que le corps des femmes soit utilisé comme une simple marchandise, pour vendre tout et n’importe quoi, un yaourt, une voiture, une bouteille d’eau. Nous voulons également contribuer à empêcher que se perpétuent les stéréotypes sexistes sur les hommes et les femmes reproduits dans la publicité. Quelle image donne-t-on des hommes si l’on suppose que pour leur vendre une voiture, il faut leur montrer une femme et y associer une connotation sexuelle ? Comment chaque jeune fille, chaque femme peut-elle affirmer son identité et son individualité, lorsque la publicité nous bombarde de bombes fatales au physique soi-disant « parfait » ? Nous refusons de nous laisser manipuler par le modèle actuel que veut nous imposer la société de consommation. Parce qu’aujourd’hui la publicité est omniprésente et se banalise, parce qu’elle diffuse des messages qui influencent, même inconsciemment, notre vision du monde, nous pensons que notre démarche peut interpeller chacun d’entre nous, qu’il soit homme ou femme. C

Concrètement, quelles sont nos actions?

Elles sont multiples et visent différents publics. Le volet Dénonciation consiste à repérer les publicités sexistes dans la ville, sur internet ou dans les médias télévisuels et radiophoniques, puis à écrire des lettres de dénonciation argumentées. Ces lettres sont envoyées aux annonceurs concernés et nous en adressons une copie aux institutions politiques compétentes, ainsi qu’à divers organismes, comme le Jury d’Éthique Publicitaire, instance autorégulatrice du milieu, ou encore l’Institut pour l’Égalité des Femmes et des Hommes. Un exemple concret? En 2009, à la suite de notre plainte contre la société SIPWELL, l’Institut a décidé d’intenter une action en justice contre cette même firme. En 2010, suite à une rumeur sur la possible construction, à Bruxelles, d’un Éros Center, le Comité Vigipub a décidé de se mobiliser sur le sujet de la prostitution. Il nous a paru évident que nous pouvions là établir un lien avec notre démarche et l’élargir ainsi à d’autres formes, selon nous, de marchandisation du corps des femmes. Nous avons donc organisé deux ciné-débats en avril et en octobre 2010, visant à sensibiliser les citoyen(ne)s à cette question. Nous avons aussi co-animé un atelier, toujours sur le thème de la marchandisation du corps des femmes et de l’hypersexualisation, lors de la clôture de la Marche Mondiale des Femmes, au musée de Tervuren. Des ateliers qui font appel à la créativité de chacun(e) pour « détourner » les pubs sexistes – leur donner un autre sens – nous paraissent un outil puissant d’expression, dans l’idée d’une réappropriation, tant individuelle que collective, de l’image de notre corps. Nous voulons continuer à sensibiliser le grand public, pour laisser à un maximum de citoyens et citoyennes la possibilité de faire entendre leur voix et de réagir à cette invasion de publicités sexistes dans leur vie quotidienne. Cette sensibilisation fait partie d’un travail politique global, puisqu’il en ressort des idées que nous traduisons en revendications: la création d’une Commission indépendante comme organe de régulation publicitaire, et la promulgation d’une loi contre le sexisme. C’est dans ce cadre que s’est inscrite notre récente collaboration à l’événement Miroir, dis-moi qui est la plus belle, proposé par la Maison des Femmes de Schaerbeek du 7 avril au 13 juin 2011, sur le thème de l’image du corps des femmes dans les médias. Nous y avons présenté Vigipub, animé un atelier de détournement de publicités et une soirée ciné-débat.

Venez nous rejoindre!

• Si vous souhaitez obtenir plus d’informations sur le Comité Vigipub et découvrir nos lettres de plainte, vous pouvez consulter notre page sur le site internet de Vie Féminine, dans l’onglet Régions, puis Bruxelles.
• Le Comité Vigipub a également sa page Facebook.
• Vous pouvez nous soutenir en signant le manifeste du Comité Vigipub, qui se trouve également sur le site internet de Vie Féminine.
• Et pour exprimer votre indignation plus fort encore, venez nous rejoindre une à deux fois par mois: vigipub@gmail.com.

Alexandra Coenraets Pour le Comité Vigipub

Publicités