Nos enfants ne naissent pas dans les choux et les roses, encore moins habillés en fonction de leurs sexes. Et pourtant, une tendance récente nous impose l’image d’une petite fille nécessairement habillée en rose, si possible en robe de princesse, et d’un petit garçon habillé en bleu. Magasins de jouets ou de vêtements, peinture pour les chambres, tout semble simplifié en deux mondes bien distincts: rose et bleu. Il paraît que c’est la tradition… Bah non, en fait. Jusqu’au XIXème siècle, le bleu, symbole de la Vierge Marie, était plutôt dévolu aux filles. Le rose, quant à lui, pouvait constituer une des nombreuses variations du rouge, idéal pour les petits hommes parce qu’il symbolise l’art de la guerre, le sang, le feu. Bref, l’action. Sous l’influence du protestantisme, le rouge devint immoral et partit vers le féminin, tandis que le bleu, plus discret, se fit masculin. Mais ces symboles de couleur n’étaient pas appliqués aux enfants: ils étaient habillés en blanc dans les premiers mois de leur vie, puis globalement vêtus de la même manière. Nos grands-pères et grands-mères portaient les mêmes robes dans leur petite enfance, les mêmes blouses à l’école et les mêmes culottes courtes. L’idée de distinguer les enfants par leur sexe est apparue dans les familles bourgeoises des années 1930, et s’est généralisée avec la société de consommation. Depuis, cela n’a fait qu’empirer, surtout pour les filles qui se voient offrir des articles de ménage ou de beauté (puisqu’elles doivent faire comme maman) exclusivement roses (puisque ce sont des filles). Le bleu et le rose créent finalement deux mondes étanches dont nos enfants ont du mal à sortir. Nous avons pourtant à notre disposition des dizaines d’autres couleurs, alors autant en profiter !

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