Nos enfants ne naissent pas dans les choux et les roses, encore moins habillés en fonction de leurs sexes. Et pourtant, une tendance récente nous impose l’image d’une petite fille nécessairement habillée en rose, si possible en robe de princesse, et d’un petit garçon habillé en bleu. Magasins de jouets ou de vêtements, peinture pour les chambres, tout semble simplifié en deux mondes bien distincts: rose et bleu. Il paraît que c’est la tradition… Bah non, en fait. Jusqu’au XIXème siècle, le bleu, symbole de la Vierge Marie, était plutôt dévolu aux filles. Le rose, quant à lui, pouvait constituer une des nombreuses variations du rouge, idéal pour les petits hommes parce qu’il symbolise l’art de la guerre, le sang, le feu. Bref, l’action. Sous l’influence du protestantisme, le rouge devint immoral et partit vers le féminin, tandis que le bleu, plus discret, se fit masculin. Mais ces symboles de couleur n’étaient pas appliqués aux enfants: ils étaient habillés en blanc dans les premiers mois de leur vie, puis globalement vêtus de la même manière. Nos grands-pères et grands-mères portaient les mêmes robes dans leur petite enfance, les mêmes blouses à l’école et les mêmes culottes courtes. L’idée de distinguer les enfants par leur sexe est apparue dans les familles bourgeoises des années 1930, et s’est généralisée avec la société de consommation. Depuis, cela n’a fait qu’empirer, surtout pour les filles qui se voient offrir des articles de ménage ou de beauté (puisqu’elles doivent faire comme maman) exclusivement roses (puisque ce sont des filles). Le bleu et le rose créent finalement deux mondes étanches dont nos enfants ont du mal à sortir. Nous avons pourtant à notre disposition des dizaines d’autres couleurs, alors autant en profiter !

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A l’heure où les BD Girly déferlent en librairie comme autant de raz-de-marée sur un petit village côtier, on peine à exhumer les pierres précieuses gisant sous les décombres. Pourtant, on trouve “celle… ”là. En effet, la trilogie de “Nouvelles Mangas” signée Vanyda, auteure de “celle que je ne suis pas”, “celle que je voudrais être” et “celle que je suis” est une BD pour “Jeunes Filles”, intelligente, pleine de grâce et d’esprit; qui parle de quête identitaire. De quoi parler d’autre, sinon, à l’adolescence, si ce n’est de cette recherche incessante d’un Soi plus défini? Ainsi, on part à la rencontre de Valentine, que nous découvrons peu à peu, en même temps qu’elle se découvre elle-même. Quatorze ans, plutôt petite, discrète voire réservée, Valentine est en dernière année au collège et vit seule avec sa mère. Au bahut, on la trouve avec sa bande de copines. Émilie, la grande gueule, qui ne parle et ne pense qu’aux garçons, Yamina, la belle intellectuelle, fan de Mangas, et Julie la blondinette sans histoire. Autour d’elles, gravitent et évoluent quantité d’autres personnages, féminins, mais aussi masculins… En dehors des récréations qui ponctuent la trame du récit, il est bien sûr question des cours, des devoirs à faire à la maison, des vacances… Mais aussi des fêtes, des cigarettes, de l’alcool; et des premières fois. De ces moments de doutes, de lassitude, de découragement et de tristesse, qui font le sel, le sucre, et l’amertume de l’adolescence. Au fil des années, les personnalités s’affinent et s’affirment pourtant. Même si, soi-même, on ne sait pas vraiment qui on est, et qu’on a du mal à trouver sa place dans un groupe plutôt qu’un autre. On n’ose dire ce que l’on pense. On ne supporte pas ceux qui s’étalent, racontent leurs vies.Bien loin de tomber dans l’ornière du récit stéréotypé, Vanyda traite de la “période adolescente” avec une justesse inégalée – tant par les dialogues que par l’image, incisive et tendre à la fois – et ne laisse rien au hasard. Les attitudes des personnages sont étudiées, leurs traits de caractères réfléchis, mais toujours avec authenticité.

B.S.

Le 27 Septembre 2011, Osez le Féminisme France a lancé la campagne “Mademoiselle: une case en trop!” (http://www.madameoumadame.fr/) et s’est attiré les foudres d’un large nombre de personnes ainsi que la sympathie de beaucoup d’autres. L’idée centrale de la campagne: une civilité différente pour les hommes et pour les femmes est révélatrice de l’inégalité entre les sexes. Les hommes sont officiellement appelés “Monsieur” – et c’est tout. Par contre, les femmes sont appelées soit “Mademoiselle” soit “Madame” selon si elles sont mariées ou pas. Ceci nous renvoie à l’époque où les femmes étaient considérées inaptes à être des citoyennes à part entière mais par le mariage passaient d’être sous la tutelle de leur père à celle de leur mari. Cette distinction semble bien anodine, voire, un détail mais il n’en reste pas moins que c’est une marque de sexisme que nous avons intégré dans notre quotidien. La preuve des pays tels que le Danemark, le Canada et même chez nous, en Belgique, ont considéré qu’il était nécessaire d’agir sur cette question. Depuis 1993, le décret relatif à la féminisation des noms de métier, fonction, grade ou titre, recommande de généraliser l’appellation de Madame en lieu et place de Mademoiselle dans tous les textes et institutions suivants :

– dans les lois, décrets, ordonnances et règlements, ainsi que dans les circulaires, instructions et directives des autorités administratives ;

– dans les correspondances et documents émanant des autorités administratives ;

– dans les contrats, marchés ou actes des autorités administratives ;

– dans les ouvrages ou manuels d’enseignement, de formation permanente ou de recherche utilisés dans les établissements, institutions et associations relevant de la Communauté française, soit parce que placés sous son autorité soit parce que soumis à son contrôle, soit bénéficiant de son concours financier.

A. A.-C.

Maintenant que le régime de Kadhafi a été chassé, on ne les voit guère dans les parades des vainqueurs. Pourtant, les femmes ont été très présentes tout au long de la révolution libyenne: elles ont été les premières à descendre dans les rues, elles ont affronté la répression, déployé des trésors d’ingéniosité pour participer au combat, parfois les armes à la main. Le Monde leur a consacré un magnifique reportage, en insistant aussi sur leur détermination à participer à la reconstruction du pays, aux premiers postes! Un combat à soutenir dans les prochains mois.

I.K.

OLF en virée shopping

Hé oui, les féministes ont des enfants (ou connaissent des gens qui en ont). Il leur faut donc des cadeaux pour la Saint Nicolas. Résultat des courses : le reportage-photo racontant leur descente dans deux grands magasins de jouets bruxellois, un samedi matin. Incognito.

Le 11 novembre, en Belgique, c’est l’autre Journée des Femmes. A cette occasion, le Soir a proposé une « bande son » dédiée aux femmes. A pleurer… Une écrasante majorité d’hommes, avec des “féministes” bien connus comme Iglesias, Hallyday, Juvet, Lama ou Sardou… Quelques femmes quand même: Barbara Streisand avec “Woman in Love” (car hors du Love, point de féminité), Britney Spears à poil, ou Nicole Croisille, qui se sent “enfin Fââââme avec toi”… Allez, quelques suggestions de noms pour faire mieux l’année prochaine: Anne Sylvestre, Pauline Julien, Christiane Stefanski, Clarika…

I.K.

Cette exposition a été conçue par Latitude Junior ASBL dans le cadre de l’opération “Des livres pour ouvrir les horizons des filles et des garçons” initiée par le cabinet de la Ministre de l’Égalité des Chances, Madame Fadila Laanan. Elle invite les enfants de 3 à 8 ans à découvrir des livres issus de la sélection “Ce genre que tu te donnes” (Service Général des Lettres et du Livres, CFWB) à travers d’un parcours ludique et interactif. Les enfants expérimentent l’exposition avec des jeux et des lectures qui leur proposent d’élargir leur horizon. Ils et elles ont pour mission de rendre la diversité à un monde rendu uniforme par la machine d’un roi bleu et d’une reine rose. Les adultes peuvent aussi découvrir la littérature jeunesse sous un angle différent: comment y parle-t-on des filles et des garçons ? Quelle image les enfants se font-ils d’eux-mêmes et de les attentes de la société en lisant ces histoires ?


Les vacances arrivent et avec elles le premier numéro d’Osez le féminisme Belgique, 100% numérique, et 100% anti-sexiste !

Au programme :

Edito

Les actus de Irène Kaufer :

Quand l’info gomme une femme sur deux

Pudeurs et colères de femmes

Action contre la venue d’Yvon Dallaire

Idée reçue : on parle épilation avec l’article « L’été au poil » de Sabine Panet

Tout savoir sur le clito, si vous avez loupé la campagne, c’est avec l’article de Marie Ramot

On vous fait (re)découvrir une chouette asso qui travaille sur la publicité antisexiste : Alexandra Coenraets nous présente Vigipub.

Cellulite, pourquoi tant de haine ? Sabine nous propose sa réponse.

Mais qu’est-ce que t’as dans le crâne ? Tamar Gugulashvili interviewe la neurobiologiste sur les différences de cerveau femmes-hommes.

Suivez les femmes arabes qui descendent au café avec Corinne Ricuort et l’association AWSA.

Et pour accompagner l’été, des conseils lectures de Christine Vanden Daelen

Hairy CooJe suis poilue aux entournures et j’hésite devant les épilateurs électriques. Le moins cher ? Le rose ? J’aime bien, moi, le rose. Supplément batterie ? C’est pratique quand on voyage, une batterie. Pour des mollets lisses, luisants d’huile solaire, pour des aisselles fraîches et un tout petit petit bikini. Pourtant, allez savoir pourquoi, ma conscience féministe me titille. Aïe. Ça fait presque aussi mal qu’une bande de cire froide pour le maillot. En m’épilant, deviens-je la récipiente passive d’une sexualité domestiquée, socialisée, normalisée? D’un autre côté, puis-je supporter qu’une caresse sur ma jambe fasse scritch scritch ? Dans la balance: esthétisme (et contrôle social) contre ras-le-bol (égalitaire). Terrible dilemme. Couper des choses qui dépassent, cacher le féminin, l’exciser, oui, ça se pratique. Féministe, je suis, pas de doute. Mais ma relation avec les poils est-elle aussi limpide? Oh, et après tout: la barbe, je laisse pousser !

Sabine Panet

Image : CC Flickr ifijay